La Banque centrale européenne bascule dans une affaire de favoritisme

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La Banque centrale européenne bascule dans une affaire de favoritisme

Par : Jean-Philippe Lacour

Le 24/10 à 06:00 – Les Echos

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Un conseiller du chef économiste Peter Praet aurait été nommé sans laisser la chance à d’autres candidats de postuler.

La nomination d’un proche de Peter Praet pour diriger le bureau de Bruxelles a été annulée par la BCE suite à une plainte du personnel. Le Parlement européen va débattre du sujet.

Soucieuse de conduire sa politique monétaire dans le respect des règles, la Banque centrale européenne pêche encore du côté de la gestion de son personnel. Le directoire de la BCE a dû annuler jeudi la nomination de son nouveau représentant au bureau de Bruxelles, donnant raison à une plainte déposée par deux représentants du personnel. Ces derniers ont argué que le promu, Stéphane Rottier, conseiller du chef économiste Peter Praet, a été choisi sans laisser la chance à d’autres candidats de postuler. Dans un message diffusé au personnel, la BCE précise que Stéphane Rottier conservera son poste six mois. Le temps de lancer un appel à candidatures pour sa succession. Destiné à répandre la doctrine monétaire dans les circuits de l’exécutif européen, le bureau de Bruxelles a pris de l’importance avec la crise financière et l’union bancaire. La fonction, comme la rémunération du poste, passée dans une tranche entre 169.248 et 213.348 euros, ont été relevées. Stéphane Rottier avait échoué à une candidature pour une autre fonction à Washington, mais a obtenu sa nomination à Bruxelles par un repêchage «sur une liste de réserve», précise la BCE. De quoi faire s’étrangler des managers de la maison. «C’est un bon signal de voir la BCE reconnaître qu’elle a mené un recrutement au détriment des règles du mérite», déclare Carlos Bowles, président du comité du personnel et principal plaignant. L’affaire fait écho à une enquête interne, où 65 % des répondants ont affirmé que connaître les bonnes personnes comptait le plus pour obtenir une promotion. Stéphane Rottier est entré à la BCE en 2011 dans les bagages de Peter Praet, venu de la Banque nationale de Belgique quand il a été nommé chef économiste. L’affaire pourrait avoir une suite. «Nous demandons que les représentants du personnel de la BCE soient incorporés dans les panels de recrutement comme à la Commission européenne», ajoute Carlos Bowles.
Le Français sera auditionné mercredi devant la Commission des affaires économiques du Parlement européen, où deux responsables de la BCE sont aussi invités à s’exprimer.

A NOTER

La BCE se retrouve détentrice de ses premières obligations d’entreprise notées en catégorie spéculative («junk») après l’abaissement par l’agence S&P’s de la note de K+S.

Jean-Philippe Lacour,
Les Echos
Correspondant à Francfort

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2017-05-22T10:31:36+00:00 24 octobre 2016|