La Banque centrale européenne (BCE) a annulé la nomination de son nouveau représentant à Bruxelles après que le personnel ait introduite une plainte que Stéphane Rottier, conseiller de l’économiste en chef Peter Praet, avait été trié sur le volet pour ce poste, privant ainsi d’autres candidats de toute chance et donc accusant l’institution de favoritisme.

La BCE, qui a défendu la nomination de Rottier lorsque la nouvelle a été annoncée l’été dernier qu’un appel avait été déposé contre lui, a déclaré jeudi au personnel que la décision avait été annulée, selon un affichage sur l’intranet vu par Reuters.

L’appel, déposé par les représentants du personnel Carlos Bowles et Johannes Priesemann, contenait également des allégations de favoritisme à la BCE.
Il cite, entre autres sources, une enquête interne dans laquelle 65 % des personnes interrogées ont choisi “connaître les bonnes personnes” comme l’un des moyens typiques de progresser à la BCE, une proportion plus élevée que tout autre facteur.

Le poste vacant à Bruxelles n’avait jamais été publié et la BCE a relevé la fourchette de salaire pour ce poste deux semaines seulement avant de choisir Rottier, le 21 juin, parmi une liste de candidats précédemment non retenus pour d’autres fonctions. Cela signifie que le salaire annuel de base de M. Rottier se situait entre 169 000 euros (185 000 dollars) et 213 000 euros (233 000 dollars).

“Le Directoire a décidé aujourd’hui d’annuler sa décision de juin dernier de nommer un nouveau chef du bureau de la BCE à Bruxelles par le biais d’une nomination directe à partir d’une liste de réserve”, a déclaré la BCE dans l’affichage.

“Cette décision fait suite à un appel spécial au Directoire, partiellement couronné de succès, introduit par des membres du personnel à titre personnel”.

Elle a ajouté que M. Rottier serait le chef intérimaire du bureau de Bruxelles pendant six mois, le temps qu’une campagne de recrutement soit lancée et qu’un avis de vacance soit publié.

Un porte-parole de la BCE ne fera pas de commentaires supplémentaires sur les raisons de l’annulation. M. Rottier n’a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires de Reuters.

“C’est un très bon signal que la BCE a décidé d’annuler cette nomination, qui n’était pas conforme à un processus de recrutement basé sur le mérite”, a déclaré le requérant Carlos Bowles. Le personnel de la BCE avait introduit une plainte pour favoritisme suite à la nomination de Stéphane Rottier.

“Maintenant, la prochaine étape serait de modifier notre processus de recrutement afin que les liens personnels et le favoritisme ne puissent pas jouer un rôle dans les promotions”.

L’un des points soulevés dans l’appel est que le règlement du personnel stipule qu’une procédure de sélection, plutôt qu’une nomination directe, doit être utilisée pour choisir les candidats à des postes qui ont été “reclassés”.

La BCE a déclaré, au moment de la nomination de M. Rottier, que le salaire de ce poste avait été augmenté en raison du “rôle croissant joué par la BCE pendant et après la crise financière et des responsabilités supplémentaires attribuées à la BCE dans le cadre de la progression vers l’union bancaire”.

Rottier avait postulé sans succès pour le poste de représentant de la BCE à Washington. Son profil sur le site de réseautage LinkedIn a montré jeudi qu’il avait pris la tête du bureau de Bruxelles en septembre après avoir travaillé pour Praet pendant près de quatre ans. Il avait auparavant occupé d’autres fonctions de conseiller auprès du directoire de la BCE depuis 2011, après avoir quitté la Banque nationale de Belgique.

Une étude citée dans l’appel et menée par le cabinet d’études CESiFO en 2011 a révélé que la nationalité était un facteur pertinent dans le recrutement et la prise de décision à la BCE, soulignant “l’existence de réseaux nationaux entre les niveaux de direction adjacents”. (Rédaction par Richard Balmforth)