L’IPSO, l’Organisation internationale et européenne des services publics, représente les intérêts des personnes travaillant pour la Banque centrale européenne. À l’occasion de la publication du Rapport annuel pour l’année 2017, nous aimerions ajouter quelques informations provenant de la perspective d’un syndicat.

Dans le domaine de la gouvernance d’entreprise et du développement des ressources humaines, l’IPSO se félicite des intentions et des actions de la BCE visant à favoriser la diversité. Néanmoins, l’IPSO préconise une stratégie couvrant toutes les dimensions de la diversité au lieu de fixer la priorité de l’entreprise à la seule diversité des sexes. Nous manquons de  diversité à tous les niveaux et désespérément au plus haut niveau. La première classe politique européenne a  échoué en 2017 à reconnaître la dimension et la gravité de ce problème lorsque lors de la préparation de la liste des candidats pour le poste de vice-président de la BCE, alors qu’au contraire, le Parlement européen a apparemment compris cette question.

Par conséquent, le vice-président Luis de Guindos, récemment nommé n’a obtenu qu’une très faible majorité des voix en sa faveur au sein du Parlement européen. L’IPSO soutient les appels en faveur d’une révision du processus de nomination. Une banque centrale indépendante a besoin de diversité et de nominations fondées sur le mérite dans tous ses rangs. Alors que dans le rapport annuel, la BCE se félicite des efforts déployés pour l’intégrité, l’ouverture et la bonne administration pour gagner la confiance des parties prenantes et du grand public, l’IPSO manque également de diversité au sein de ses partenaires de dialogue avec la BCE.

Nous constatons qu’il n’y a pas d’échanges réguliers signalés dans le Rapport annuel avec les représentants syndicaux. Et en fait, la dimension sociale et du travail est gravement sous-représentée dans les discussions et dans la stratégie de la BCE, tant sur le plan interne qu’externe. Par conséquent, si nous nous félicitons des efforts déployés en faveur d’une plus grande diversité, nous constatons malheureusement que les objectifs et les lignes directrices en matière d’égalité des sexes ont été adoptés par la direction générale de la BCE sans dialogue préalable avec les représentants du personnel. Un tel dialogue aurait pu conduire à un cadre plus nuancé d’objectifs, reflétant la disponibilité de candidats adéquats et appropriés par ensemble de compétences plutôt que d’adopter des candidats plus multitâches.

Nous notons que le rapport informe le public que “sur le plan interne, la BCE se penche sur des défis tels que la meilleure optimisation de ses services, en renforçant la résilience organisationnelle et en tirant parti des progrès réalisés dans la technologie ainsi que l’amélioration de la collaboration et du partage d’informations entre les différentes fonctions de l’entreprise”. Nous constatons également, à notre grand regret, que l’implication des représentants syndicaux dans la résolution de ces problèmes est souvent manquante. En fait, la BCE a décidé en 2017 d’externaliser une grande partie de ses services informatiques vers une société basée à Bruxelles. Ces services informatiques ont fait appel dans une large mesure à du personnel intérimaire, beaucoup d’entre eux ont très longtemps travaillé exclusivement pour la BCE. L’IPSO avait conseillé aux décideurs de la BCE d’embaucher ces collègues, mais les efforts déployés pour convaincre le Conseil d’administration et le Conseil des gouverneurs  n’ont malheureusement pas été couronnés de succès. Au moins, l’IPSO a obtenu une toute première convention collective avec la BCE pour atténuer l’impact social de ce processus d’externalisation.

Cela valait certainement la peine et bien que l’IPSO s’en félicite, il ne s’agit là que d’un second choix. Nous restons préoccupés par la poursuite de l’externalisation des fonctions de service. Nous ne pensons pas que cette tendance soit bénéfique pour la mission globale que la BCE doit remplir pour les citoyens européens. L’IPSO est le seul syndicat reconnu à la BCE et c’est pourquoi nous commentons le rapport annuel publié par l’administration. Dans ce contexte, nous manquons d’informations dans le rapport sur le volume et l’orientation des dépenses pour les services de conseil.

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