Les syndicats continuent de résister à l’austérité …

Le 14 décembre, le commissaire aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a participé au comité exécutif de la CES pour discuter du paquet de mesures de la Commission visant à approfondir l’Union économique et monétaire. Les dirigeants syndicaux ont rappelé leur rejet du pacte fiscal, l’un des éléments clés du paquet, qui crée effectivement un carcan d’austérité. La semaine dernière, les travailleurs espagnols ont pu constater à quel point l’austérité leur a fait du tort, lorsque les fonctionnaires sont descendus dans les rues de Madrid le 14 décembre, à la recherche de meilleurs salaires et conditions de travail après des années de gel et d’externalisation. Ils ont été rejoints par le président de la FSESP, Isolde Kunkel-Weber. Le même jour, la FSESP a adressé des salutations de solidarité à nos camarades des centrales syndicales grecques ADEDY et GSEE. Ils ont organisé une grève générale contre les revendications de la Troïka visant à affaiblir la négociation collective et le droit de grève. Pour nos collègues de GENOP-DEH, ce fut également l’occasion de se mobiliser contre la privatisation de la compagnie publique d’électricité grecque (PPC), autre revendication de la Troïka.

Le 19 décembre, nos affiliés belges se sont joints à une manifestation nationale contre les changements apportés par le gouvernement au système des retraites. C’est une autre manifestation du même programme de réformes structurelles : nous faire travailler plus longtemps pour des pensions moins élevées. Pour nos collègues slovènes, la nouvelle année sera pleine d’action puisqu’ils préparent une grève du secteur public contre le gel continu des salaires des travailleurs. Et le programme du nouveau gouvernement nationaliste de droite en Autriche promet une bataille contre les travailleurs. Avec l’ÖVP, membre du PPE européen, et les nationalistes de droite du FPÖ au pouvoir, nous espérons que leur programme favorable aux entreprises influencera également la politique européenne. Nos collègues autrichiens mettent en garde contre le fait que tous les ministères de l’ordre public et de la sécurité sont aux mains du FPÖ.

Une autre variante de ce programme extrémiste est l’attaque au Royaume-Uni contre la directive sur le temps de travail. Les mêmes personnes qui ont fait campagne pour Brexit plaident maintenant pour l’abandon de la directive, privant des millions de travailleurs au Royaume-Uni de cette importante protection lorsque le Royaume-Uni quittera l’Union européenne. Les travailleurs ne critiquent pas l’Union européenne pour voir leurs droits bafoués. Nous critiquons les États membres et l’UE pour ne pas s’attaquer efficacement à des abus comme le dumping social ou l’évasion fiscale.

Le pilier social de l’UE, proclamé à Göteborg il y a à peine 3 semaines, offrira-t-il aux travailleurs la protection de leurs droits et des progrès face à ces assauts ? L’absence de ce pilier dans le paquet UEM mentionné plus haut n’est pas un bon signe. La Commission aurait pu lier l’intégration économique à la clause de progrès social. Et nous revenons encore au début : le développement rapide de l’Union européenne dans le domaine économique avec son contenu social négligé et l’absence d’objectifs clairs de convergence sociale vers le haut. Le comité exécutif de la CES a exigé que la clause de progrès social et le pilier soient inclus dans le paquet UEM. Il a également adopté un plan d’action sur le pilier social qui prévoit que la Commission européenne transmette au Conseil l’accord des partenaires sociaux sur les droits à l’information et à la consultation de près de 10 millions de travailleurs des services publics.

L’année se termine donc par des tests pour la Commission. Elle a annoncé qu’elle publiera ses propositions concernant la directive sur les déclarations écrites le 20 décembre. La Commission fera-t-elle preuve d’audace et promouvra-t-elle de meilleurs droits et des emplois de qualité ? S’occupera-t-elle des contrats “zéro heure” et veillera-t-elle à ce que les travailleurs de la “gig-économie” et des plates-formes voient leurs droits renforcés par le fait que les employeurs les exploitent ? Et y aura-t-il un paquet social avec des droits d’information et de consultation pour 10 millions de fonctionnaires ainsi qu’un plan d’action sociale sur le pilier ? Ce pourraient être les cadeaux du Nouvel An que de nombreux travailleurs souhaitent.

Et alors que nous faisons une courte pause jusqu’à notre prochain bulletin d’information pour la nouvelle année, nous pensons aux travailleurs des services publics qui continueront à travailler dans les jours à venir pour s’occuper, protéger et fournir les nombreux services publics dont nos sociétés ont besoin et dont elles dépendent. Nous poursuivons notre combat commun pour les travailleurs des services publics et les services publics de qualité libérés des chaînes de l’austérité, pour des droits plus forts et une voix puissante sur nos lieux de travail. Le personnel de la FSESP vous souhaite à tous de très bonnes vacances de fin d’année, et nous nous réjouissons de nous défendre ensemble au cours de la nouvelle année.

Extrait de la newsletter de la FSESP.