EPSU-CJ : le syndicat de référence

EPSU-CJ : le syndicat de référence

Agora #91
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Pourquoi avoir choisi ‘EPSU’, acronyme pour ‘European Public Service Union’, qui correspond à ‘Union Syndicale – Service public européen’ ?

Une question qui intrigue les non-initiés est de savoir pourquoi l’organisation membre de l’Union Syndicale Fédérale (USF), qui correspond à la Cour de justice, se distingue par sa dénomination des autres sections ‘US’. Dans notre famille syndicale, un seul cas d’’EPSU’ préexistait, EPSU Fusion.

Et cela même dans une institution éminemment francophone, comme la Cour de justice ; pourquoi avoir choisi ‘EPSU’, acronyme pour ‘European Public Service Union’, qui correspond à ‘Union Syndicale – Service public européen’ ?

Une gestation difficile

La réponse se trouve dans les circonstances tumultueuses de la création d’EPSU-CJ, en 2007. Le nouveau syndicat n’est pas tombé du ciel. Au sein de l’Union Syndicale Luxembourg (USL), des désaccords importants et persistants entre la Délégation Cour de justice et le Comité exécutif (dominé par la section Commission) ont été soldés par le départ de la délégation tout entière et la constitution d’un nouveau syndicat, v. Manifeste.

Et, puisque l’USL jouissait du monopole de la représentation de l’USF pour Luxembourg, EPSU-CJ s’est, contre son gré, trouvée en dehors de l’USF et a dû adopter une dénomination qui ne l’exposerait pas à des litiges, tout en évoquant son affinité à l’USF. Ainsi, depuis la première heure, il est écrit dans ses statuts qu’EPSU-CJ « adhère aux principes de [l’USF] ».

Un démarrage réussi

Ayant inscrit à son crédit l’invention du ‘prorata temporis’, système de promotion inédit,[1] la liste présentée sous la dénomination du nouveau syndicat, combinant expérience et renouveau, remporte largement les élections du comité du personnel (Cdp) en 2008. EPSU-CJ sort majoritaire à trois élections successives.

La grève, ça peut aussi arriver !

La deuxième grande réforme du statut (01-01-2014) a été inspirée par une volonté de faire des économies aux frais du personnel. Réduction des effectifs, augmentation du temps de travail, réduction des droits à pension, de nouvelles barrières érigées entre carrières. Et austérité au nom de la ‘solidarité’. Nous avons assuré l’information des collègues, mené des grèves et consacré presque la moitié de nos dépenses à son financement.

L’USF se reconstruit à Luxembourg

En 2015, l’USL, qui se targue de défendre les intérêts spécifiques du personnel qui travaille à Luxembourg, finit par démissionner de l’USF, ce qui, lors du Congrès de Dubrovnik (2015),  ouvre la voie à la pleine intégration d’EPSU-CJ au sein de l’USF. Ainsi, EPSU-CJ devient le précurseur de la réimplantation de l’USF à Luxembourg.

 

[1]        Initialement, le ‘prorata temporis’ a été conçu en faveur des fonctionnaires ‘nouveau statut’ recrutés massivement depuis le grand élargissement (01-05-2004). Le système, fondé sur l’idée d’accumulation des mérites dans le temps et limitant la marge d’arbitraire et de marchandage, a par la suite été mis au point, consolidé et étendu à toutes les promotions des fonctionnaires jusqu’aux grades AST 9 et AD 12. S’il constitue un atout pour la Cour de justice, c’est grâce à EPSU-CJ, qui reste aussi garante de son bon fonctionnement.

‘Bien-être’ -contre- Défense des droits

L’effritement de la cohésion de notre équipe au Cdp a facilité une liste qui s’affichait ‘non syndicale’ à prendre le contrôle du Cdp pour en changer l’orientation (2016 à 2022). Focalisée sur la gestion des sentiments, elle a sciemment négligé le fait que le ‘mal-être’ du personnel résultait de l’affaiblissement de sa capacité de défendre ses droits, lié, à son tour, à une faible présence syndicale.

C’était, en même temps, le lancement d’une campagne de ‘Newspeak’ (novlangue), phénomène devenu endémique à la Cour, dans sa pratique tant administrative que juridictionnelle. Se vantant d’être « Indépendants » (des syndicats), les promoteurs de cette liste ont inversé le sens des mots. L’indépendance est exigée comme une condition de reconnaissance des syndicats (v. par exemple, Critères de représentativité). Seuls les syndicats peuvent et doivent être indépendants (notamment de l’employeur) afin d’être reconnus par l’employeur.

Cependant, EPSU-CJ, avec ses ressources humaines quasi inexistantes (v. tableau comparatif), n’a pas cessé de se battre, y compris devant la justice, pour assister des collègues qui se trouvent en difficulté et défendre la légalité, parfois avec succès.

Partager l’expérience, construire la solidarité

Une devise pleine de sens. Notre public, notre base se renouvelle rapidement. La mémoire de l’institution (autre que dans sa version officielle) se perd. C’est à nous de transmettre l’expérience (la compréhension du cadre juridique et politique dans lequel nous vivons, l’approche d’une solidarité large dans une Europe ouverte et démocratique, combinée à la connaissance du terrain) aux plus jeunes et aux nouveaux venus. Pas pour en faire des « clients » (un terme qui est allègrement venu polluer le langage administratif), mais pour partager avec eux notre expérience et construire, avec leur participation active, la solidarité.

Depuis 2023, ayant retrouvé au Cdp des postes de responsabilité, il nous reste à faire un saut qualitatif, pour repousser les nouvelles attaques contre nos conditions de travail que nous avons depuis toujours considérées comme allant de soi.

Vassilis Sklias

A PROPOS DE L’AUTEUR

Secretaire-générale EPSU-CJ

Jimmy Stryhn-Meyer

A PROPOS DE L’AUTEUR

Président EPSU-CJ